Entretien exclusif avec Ariane Bonzon sur son livre “Turquie: L’heure de vérité”

Ariane Bonzon a interpreté la transformation de l’AKP, les Kurdes, la transformation de la perception de la Turquie à l’Europe et la Turquie d’aujourd’hui après les élections locales.

Burak Tatari: Bonjour, aujourd’hui mon inviteé est la journaliste et spécialiste de la Turquie et du Moyen Orient, Ariane bonzon. Elle était ex correspondant de l’arté les entre années 1996 et de 2006. Bonjour madame Bonzon

Ariane Bonzon:  Bonjour…

B.T: Vous venez de publier le livre Turquie “L’heure de Vérité” Alors, on va commencer à parler sur ce livre mais avant de commencer je voudrais vous poser la question. Pourquoi vous avez decidé d’écrire ce livre et quelle était votre motivation et qu’est ce que les lecteurs vont trouver dans ce livre?

A.B: Oui, en fait vous avez dit que j’étais correspondante de 1996 à 2006. Mais de 2006 à maintenant je travaille toujours sur la Turquie et je vis toujours la moitie du temp en France et la moitie du temps en Turquie,j’avais gardé un appartement en Turquie.Pendant 20 ans, j’ai travaillé sur la Turquie de façon extramement reguliere et en vivant soit completement siot en vivant moitie du temps, et c’est assez rare  pour un journaliste de couvrir comme ça une si longue periode. 1996 2018-2019 ça fait plus de 20 ans il m’a semmble comme j’avais fouillé dans mes archives j’ia retrouve des tas d’anciens reportages, des tas de notes,vous voyez derriere moi vous avez des tas de cahiers. Tous ces chaiers la, les chaiers verts comme ça,sont des cahiers sur la Turquie,et j’en ai des dizaines et des dizaines. Et dedans j’ai retrouvé des vielles interwievs, des vieux reportages, je les est mis comme ça, sur 20 ans, et après j’ai essayé de savoir ce qu’étaient devenus certains personnages, ce qui permet aux lecteurs français de comprendre ce qui s’est passé en 20 ans, c’est à dire quelqu’un que j’ai interviewé en 1996, je raconte ce qu’il fait maintenant, 20 ans plus tard et donc ça m’a permit de montrer à travers les personnages ce qui s’est passé en Turquie, c’était ça l’idée du livre. 

B.T: Mais, la Turquie à beaucoup changé en 20 ans, 20 ans c’est beaucoup de temps. En 1997 il y avait pas d’AKP mais aujourd’hui hui AKP obtient le pouvoir pour une durée de plus 17 années. Alors, comment vous voyez la transformation de Milli Görüş et surtout l’AKP ? 

A.B: Oui, c’est vrai que moi j’ai assisté vraiment au tout le but d’AKP quand Erdoğan disait qu’il avait abandonné la chemise de Milli Görüş et il est vrai que il voulait surtout pas utiliser le mot islam même pas musulman ou démocrate, c’était « on est conservateur démocrate », on sentait bien qu’il y avait une volonté de protéger le style de vie islamique mais cela se faisait au nom des libertés démocratiques. Et puis on voyait que c’était un parti attrape-tout. Les premiers meetings dont je suis allé assisté voir comme un Erdoğan faisait c’était pas des meetings immenses au départ. C’était des meetings très familiaux, y avait de tout, c’était un parti attrape-tout, ce qui fait que sa cohérence idéologique n’était pas toujours clair pour tout le monde.

Les femmes étaient quand même assez présentes, et puis y avait un discours social, un contrat social… Tout ça c’était les premières années de l’AKP, c’était très marquant. 

La première interview que j’ai fait avec Erdoğan, l’un de ses conseillers me dit : « surtout vous ne lui posez pas de question sur l’interdiction de l’alcool dans les kiosques » parce que vous rappelez que quand il était maire d’Istanbul il avait fait interdire l’alcool. Evidemment moi, si on m’interdit de poser une question, je la pose quand même, il n’était bien sûr pas content du tout que je lui pose la question. Mais quand je vois aujourd’hui que le candidat du CHP dit « moi je ne vais pas supprimer l’interdiction de l’alcool dans les cafés municipaux », ça m’intéresse. Là on voit le grand changement, on voit en quoi l’AKP a quand même modifié des tas de choses dans la société turque c’est à dire cette pratique plus visible de l’islam. Ensuite le tournant, vous le savez mieux que moi mais à partir du moment où il n’y avait plus de contrepouvoir à la présidence de la république en 2007 et dans le système judiciaire en 2010, là il y a eu un tournant nationaliste et autoritaire, mais au fur et au mesure ces contres points institutionnels se sont affaiblis on a vu l’AKP changer un visage

B.T: Quelle était la rupture d’Erdoğan réformiste par l’Europe, et qu’est-ce qui a éclaté cela selon vous ? 

A.B: Je pense que la lutte avec le mouvement Gulen est fondamentale pour comprendre ce qui s’est passé

B.T: Pourquoi?

A.B: Parce qu’il y a eu une concurrence pour le contrôle de l’appareil d’etat et que ça c’est quelque chose de très complique a comprendre en France et en Europe. C’est ça qui est le tournant d’ailleurs, ça a commencé en 2010- 2012 avec la volonté d’arrêter Hakan Fidan, puis les affaires de corruption en 2013, cette volonté de faire tomber Erdogan de la part du réseau Gulenniste et évidemment cette lutte a mort est un vrai tournant. Coté européen, c’est très difficile d’expliquer ce que c’est, ils ne comprennent pas. Ils ne comprennent pas le pouvoir du réseau gulenniste dans l’appareil de l’Etat, d’autant plus que ce n’est pas un parti politique. Les européens ou les grilles de lecture habituelles de partis politiques, d’extrême droite, partis de gauche oublient l’importance de l’Etat en Turquie, l’importance même de s’approprier l’Etat d’une certaine manière. 

B.T: Si on revient sur la question kurde, si vous comparez la fin des années 90 et aujourd’hui, qu’est-ce qui a changé au sein du mouvement kurde en Turquie selon vous ?  

A.B: C’est la présence de hdp au parlement. On peut dire tout ce qu’on veut mais c’est quand même aussi grâce à Erdogan. Certes il y a une politique de répression etc. mais c’est quand même grâce à tout ce qui a été fait pendant ces dernières années c’est à dire que le HDP semble quand même bien installé au parlement. Quand je suis arrivée en 1996 et au début des années 2000, c’était des candidats indépendants, il n’y avait pas un parti qui se présentait. Ça c’est à mon avis le grand changement, maintenant il y a une vraie représentation, peut être pro-kurde en faveur des kurdes parce qu’il y a des turcs qui n’ont pas d’origines kurdes qui participent à ce parti mais c’est un parti très kurde, très encré. 

 Ce partie c’est quand même très précuire donc un prétendrait c’est  le grand grand changement. Moi j’étais un institue en Israël Palestine avant d’arriver en Turquie et ça m’a beaucoup baisé, à comprendre l’articulation entre mouvement politique intérieur et une brocha mai extérieur. Et puis, les mouvements entier par tête à l’intérieur il y avait un grand fossé entre c’est.  İl y avait une rivalité et concurrence, et ces souvent malheureusement les militaires qui galerifier et là c’est ça qui est intéressant comment ça ce passé en

Turquie comment le mouvement politique autonomistes kurdes ils sont hdp, va arriver s’imposer et il elle militaires. 

B.T: Quand je lisait votre livre je vois qu’on oublie beaucup de choses. Dans votre livre, pres que tout les sujets politiques, apparais est ce qu’on lier avec le processus de la participation de la Turquie  comment lla perception envers la turqquie selon vous?

A.B: Oui, c’est vrai que tout une partie qui raconte les années 2002 2007 d’où se poser beaucoup en fonction de l’Europe donc il y avait une société civile était  extrêmement très intéressant j’ai appelé ça Europe je ne sais pas, moi non plus. Parce que İl y avait une vraie attraction ….. Europe vous avez quand même beaucoup de déception. C’était un sentiment contradictoire. Coté européens, alors d’abord je crois vraiment même  les européens connaissait très mal les allemands. Les allemandes connaissent bien beaucoup de Turquie. Parce qu’ils ont beaucoup de l’turco-Allemagne sur leur sol près que 3 millions. Mais les autres pays connaissent beaucoup moins bien. Mais grâce à la vie des turcs par exemple en France qui a un succès fous. Grace aux turcs, il y  a vraiment d’extrêmement apprécie en France. Grace a énormément des artistes des toutes intellectuels, des chercheurs, grâce aux Erasmus aussi. Les deux sociétés civiles, la société civile turque et les sociétés civiles européennes se connaissent mieux. İl y avait vrai d’échange et ce qu’il est très intéressant c’est la fossé qui disent encore, entre certaine société civiles. J’ai parlé  de France parce que je suis en France mais qui apprécie la Turquie, qui fait beaucoup touriste de la, qui fait quelque chose dépasse et le politique qui sont parfois très en arrière de ça. Ça c’est s’en fossé qui sont à mon avis énormément causé. Vous savez j’étais le ghost writer de Michel l’ancien premier ministre turque. L’ancien premier ministre français. Qui écris un livre qui s’appelé  “Où est la Turquie”. Parce qu’il était en faveur de la candidature Turc à l’UE. Il connaissait bien la société Turque, et il avait c’est idée que il y avait quelque chose à faire pour la Turquie dans le langage, dans le dialogue avec islam il croyait plus en Europe, il croyait palus en Europe politique il fallait plus un grande ensemble avec un certaine nom de loi minimum si vous voulait commune, mais il ne croyait pas une grande ensemble d’Europe avec la Turquie il pose faire un grande économique ou la Turquie reste a place. Est c’est …. Un joue le père de seule en revanche il a beaucoup de (12.40) je relis cela, qui non pas  connu à l’époque, Dont quelque chose assez intéressant. Je croyais pas qui quelque chose donc avait raison mais était plus découpe certaine manière. Parce que je vous dis gagne une découverte de la société civile et de la société turque mais j’ai qqn dit dans les années. 

B.T: Maintenant, on va parler aujourd’hui AKP a perdu les élections locale dans les grandes villes de la Turquie, İzmir, İstanbul, Adana, Mersin Antalya, Hatay. Ma première question est ce que ça vous a surpris? Ma deuxième question c’est que est ce que cela va une transformation profonde dans la politique de la Turquie?  

A.B: Alors a perdu les élections il faut relativiser: il y a quand même toutes ces municipalités d’arrondissement par exemple a İstanbul qui sont au bas de l’AKP, l’AKP est quand même majorıtaire dans les municipalités d’arrondissement. Mais c’est vrai que sur le plan du symbole elle a effectivement la mairie d’İstanbul. Deux choses m’ont surpris: la première c’est quand même la différentielle. C’est à dire 13 mille fois au İstanbul. AKP est quand même majoritaire elle a effectivement le pays est d’Istanbul. Ça me surpris, qui m’a surpris est deux choses. La premier c’est quand même le différentiel ça veut dire très mois populaire treize mille voit de différence au premier vote et plus 800 mille voit différence au seconde. Ça veut dire ….. Au sein du can islamique c’est à dire que la effectivement, ils ont dit non ça suffit on ne veut pas rejouer cette élections, ils ont mal prix l’idée que on demande de revenir vote. Donc il y a une erreur d’Erdoğan, qui d’habitude en fin de stratège. C’est quelque chose qui est intéressant d’habitude ils se trompent pas trop d’existence constituée. C’est pour ça qui m’a surpris. Dans quelle mesure le regard justement des européens a changé, en tout cas a découvert en tout cas des sociétés civiles qui boujais une mobilisation de l’oppositions et en certaines écarts c’est un peu une leçon à la Turquie au donne aux électeurs européens, sont pas toujours emballé d’aller voter, n’y croit pas beaucoup à la démocratie électoral. Il faut pas non plus pense tout est gagné ce qui  ils ne veulent plus AKP, ils ne veulent plus Erdoğan. Il y a encore beaucoup de travail. Peu intéressé les européens, c’est vrai que le Turquie maintenant identifie comme un pays libéral. Comme les Russie… Est ce qui se passe du gouter la Turquie c’est mobilisations effectivement est intéressant, parce que pour beaucoup de gens ……. ça va se passer en Turquie ça va se passer aux autres pays aussi libéral. L’Italie aussi une certaine manière est ce que il y aura c’est mettre dans l’opposition. Est c’est quoi qu’il y a beaucoup intéresse les européens. 

B.T: Alors, madame Ariane Bonzon je vous remercie et en fin je vais add cela votre livre commence avec la phrase du photographe Sebastian …….. “La seule manière de raconter une histoire consiste à revenir encore et encore sur les mêmes lieux.” Alors on suppose que vous allez venir à la Turquie n’est pas?

A.B: Très  bien tôt. J’aurais une visite à la Medyascope. Parce que je pense que vous faites beaucoup de bons travails. Bravo à toute l’équipe. Parce que vraiment, c’est formidable c’est que vous faites. 

B.T: Merci Beaucoup.

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